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17/4/14Difficulté parentale, un sujet tabou?

Dans notre société persiste l’idée tenace que la grossesse et la maternité sont des périodes d’épanouissement pour une femme.

Aussi, il est difficile pour les mères ou les futures mères d’exprimer les sentiments parfois violents qu’elles ressentent : regret d’avoir conçu un enfant, hostilité ou haine pour le fœtus ou le nourrisson, envie d’avorter, envie de fuir, de disparaître, idées suicidaires, sentiment d’impuissance, d’incompétence, sentiment d’être incomprise et seule au monde ou jugée, sentiment d’être une mauvaise mère, peur de ne pas aimer son enfant, culpabilité de ne pas ressentir d’amour immédiat pour son bébé,……cette liste est non exhaustive.

Ces sentiments sont présents dans des centaines de messages sur les forums mais les personnes concernées sont difficiles à dénombrer ; le sujet reste tabou, les discussions anonymes, entre « souffrantes » sur internet. Même si beaucoup d’entre-elles y trouvent un soutien, combien parviennent à faire une démarche vers un professionnel bien réel ? Combien de professionnels sont prêts à entendre des propos parfois très violents ? Beaucoup, me direz-vous, ils sont formés pour ça !

Bien, alors comment expliquer que beaucoup de femmes ayant choisi de recourir à l’IVG, dans des lieux où le personnel a été formé pour les prendre en charge, rapportent des remarques désobligeantes et des comportements hostiles du personnel à leur égard ?
Peut être parce que derrière chaque professionnel, il y a une personne avec son histoire, ses failles, ses convictions,...et qu'une formation de quelques semaines ne parvient pas toujours à aller au-delà des résistances. Peut-être parce qu'une personne qui a choisi de travailler là où commence la vie, l'a choisi pour des raisons bien précises, dont elle n'a peut-être pas conscience, et qui l'empêchent d'accepter certaines pratiques, qu'elle est obligée de tolérer malgré tout parce que c'est la loi.

Ce qui m’interpelle encore plus, c’est qu’on parle peu de la difficulté maternelle, mais quasiment pas de la difficulté paternelle. N’existerait-elle pas ? Les hommes n’éprouverait donc aucune difficulté, aucune souffrance lors de cette transition et dans leur rôle de père, et ce malgré les changements importants survenus dans le fonctionnement des couples et des familles depuis 40 ans ? Où sont donc ces pères ou futurs pères en souffrance ? Qu’éprouvent-ils face au désarroi de cette femme qui n’est parfois plus elle-même ?

Comment s’y retrouver dans un dédale de services différents, choisir celui qui est le plus approprié à leur situation ?
Comment imaginer qu’une telle souffrance chez les parents, et la culpabilité qui y est associée, ne puisse avoir aucune répercussion, ni sur le couple, ni sur l’enfant ?
Doit-on attendre l’apparition chez l’enfant de symptômes qui « parlent » le désarroi de leur(s) parent(s) pour réagir ?
Doit-on attendre que le couple explose pour chercher une issue ?

Il suffit parfois de peu de choses pour rétablir l’équilibre lorsqu’on sent un malaise, il est beaucoup plus difficile de réparer ce déséquilibre lorsqu’il s’est répercuté sur le couple, les enfants, voire la vie professionnelle.

Même si les mentalités évoluent, des professionnels s’opposent encore, parce qu’ils considèrent leurs méthodes et les théories auxquelles elles se rattachent, opposées.
Or, le besoin de mobiliser des ressources immédiatement, pour dépasser la situation de crise, est compatible avec un travail de fond sur un plus long terme, permettant d’analyser les raisons de la survenance de la crise, en particulier lorsqu’il existe un processus répétitif.

En réalité, ces méthodes sont le plus souvent complémentaires, parce que différentes.
Elles vont pouvoir répondre à des besoins différents, pour lesquels l’emploi d’une seule méthode sera insuffisant ou inefficace.
Elles vont parfois aussi répondre différemment à un même besoin, permettant ainsi à une personne de s’approprier les courants de pensée et de se créer « sa propre approche ».

Ce qui importe c’est donc le maillage de soutien que vont tisser ensemble les intervenants, en s’impliquant chacun en fonction de leurs compétences, et en respectant le travail et la place des autres, et surtout et avant tout, en reconnaissant la compétence des parents à décider pour eux-mêmes et pour leurs enfants.


 


 

 
 
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